Vendre ses photos sans être pro, c’est possible et accessible

Comment vendez-vous vos photos lorsque vous êtes un simple photographe amateur ? La question est tout à fait complémentaire à celle que Sébastien Hubner s’est posée sur ce blog il y a quelque temps, à savoir : Pourquoi travailler (parfois) gratuitement ? Lorsqu’il s’agit de vendre pour un amateur, les possibilités sont limitées, et quelle que soit la qualité de ses photos et/ou la formation initiale en photographie, tout photographe qui ne possède pas de numéro SIRET lié à une activité de photographie est considéré, en vertu de la loi française, comme un photographe « amateur » (ou « non » -photographe » professionnel).

Tolérance zéro pour les photographes amateurs en matière commerciale, certaines libertés en matière artistique

La marge de manœuvre d’un photographe amateur, sur le plan légal, est plus étroite qu’on ne l’imagine. Pourtant, quelques brèches subsistent, à condition de respecter des règles strictes. Pour résumer sans détour : quand il s’agit de commerce pur, la loi ne laisse aucune place au flou. Si vous n’avez ni SIRET ni code APE d’artisan-photographe, le terrain est miné. Vous voilà dans la zone d’alerte. À ce stade, il faut choisir : adopter un vrai statut professionnel (le sujet sera creusé dans d’autres articles) ou rester dans le périmètre restreint des activités tolérées pour les amateurs.

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Pour tout ce qui touche à la création artistique, la réglementation tolère certains écarts, tant que l’activité reste marginale et occasionnelle. Sitôt que les revenus deviennent réguliers, un choix s’impose : passer pro ou stopper. Oublier ce cadre, c’est s’exposer à des sanctions, venant aussi bien de l’administration que de photographes professionnels, qui pourraient pointer une concurrence déloyale, et ils auraient raison de le faire.

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Les activités artistiques du photographe amateur tolérées de façon exceptionnelle

Pour clarifier les possibilités, voici les activités artistiques qui restent tolérées pour l’amateur, mais sous réserve de rester dans des proportions très limitées :

  • La publication de photos dans la presse est possible, à condition que la rémunération se fasse par note d’auteur. En tant que pigiste, l’activité est même pleinement autorisée.
  • Le transfert exceptionnel de droits à un diffuseur est toléré, à condition de céder uniquement certains droits d’auteur et de ne pas se lancer dans une démarche commerciale organisée, même si le diffuseur, lui, en fait commerce par la suite.
  • La vente d’impressions originales, limitée à 30 exemplaires numérotés et signés, passe encore. Dès que l’on franchit ce seuil, la pratique devient illicite. Toute vente d’affiches, de cartes postales ou de reproductions au-delà de cette limite tombe sous le coup de la loi.

En revanche, proposer à un modèle une séance où il repart avec un portrait en échange d’une somme, même signé et numéroté, relève d’une zone grise risquée. Mieux vaut ne pas s’y aventurer, sauf si l’on souhaite tester la solidité de la jurisprudence à ses dépens.

Et n’allez pas croire que ces activités échappent à l’obligation de déclarer les revenus aux impôts. La tolérance artistique n’efface pas la fiscalité. Chaque euro gagné doit être signalé : l’administration ne plaisante pas avec ce point.

Pour tout le reste, la porte reste fermée. Quelques exemples concrets montrent où passe la limite : vendre des photos de mariage aux mariés, même à la sortie de la mairie, reste interdit. D’ailleurs, les contrôles inopinés ne sont pas rares. Plus généralement, toute la photographie sociale, la vente de tirages aux participants d’un événement, est hors-jeu pour l’amateur. La photographie scolaire, même combat : aucune dérogation. Dans ces contextes, la sanction peut venir aussi bien des autorités que de la concurrence professionnelle, qui veille au grain face à ces pratiques assimilées à de la concurrence déloyale.

Un photographe amateur, aussi doué soit-il, ne pourra pas non plus proposer des services de retouche pour les images d’autrui, ni animer des ateliers ou des stages photo rémunérés. L’organisation d’une séance avec modèle pose également des questions juridiques, en particulier sur le plan du droit du travail, où la frontière entre modèle et mannequin reste floue et sujette à controverse.

En définitive, vendre ses photos sans statut professionnel, c’est marcher sur un fil. Tant que l’on reste du côté de la création artistique, ponctuelle et modeste, la loi ferme les yeux, mais le moindre faux pas peut coûter cher. Les règles sont là, tranchantes, et le rêve d’un amateur peut vite heurter la réalité réglementaire. À chacun de mesurer le risque, avant de viser la lumière du flash ou les honneurs d’une galerie.

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